Nuage d'histoires !







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Notes sur l'histoire:

Je tenais, à préciser que le sujet de la magie est traité, par ici, avec humour et tendresse, et n'est en aucune façon, la représentation d'une certaine idée que l'on se fait de ce monde si particulier. Elle n'est que le reflet de mon imagination.
Merci.

 

 

La petite histoire de la magie

Délivrée au non-initiés…

 

 

Premier chapitre

Le travail d’un magicien

 

 

 

 

                        Ne trouvez-vous point, combien ce monde est composé d’étranges spécimens ?

 Des astrologues, des mages, des alchimistes, des médiums, voire…quelques charlatans, mais savez-vous qu’il existe  une pléthore de magiciens que le commun des mortels n’est pas censé connaitre ? Qu’à cela ne tienne, je veux bien porter sur mes frêles épaules la responsabilité de vous livrer quelques-uns de leurs secrets pour la modique somme…d’une lecture et d’un sourire. Ce n’est pas bien cher payé, et cela vous permettra de mieux comprendre les agissements de ces créatures un peu spéciales.

 

Pour parvenir à mes fins afin d’écrire ce grimoire, il m’a fallu quérir l’aide, très précieuse, d’une personnalité du genre. J’ai éliminé d’emblée Merlin l’enchanteur qui n’enchante plus rien du tout.  Enfermé dans son arbre, le pauvre compte les feuilles qui tombent en cette période automnale en soupirant, Oudini est sur le point de réaliser une évasion rocambolesque et ne tenait pas à ce que je l’ennui avec  mes désidératas à l’emporte-pièce. Le magicien d’Oz est tombé malade  peu de temps avant la venue du changement de saison (il est sujet aux allergies), donc exit lui aussi, quand à Gandalf surnommé affectueusement, Gandolfi, il ne veut plus me voir depuis que je traine du côté de chez les elfes de la forêt de Thranduil. Trop casse bonbons m’a-t-il confessé en haussant le sourcil et hâtant son pas. Dommage.

Du coup, j’ai dû chercher du côté des magiciens un peu…comment dire…loufoque, et j’en ai trouvé un que je connais fort bien mais qui a souhaité conserver l’anonymat en attendant de se dévoiler au moment opportun. Il est un grand fan des entrées magistrales, que voulez-vous.

 

 

Vous souhaiteriez devenir un magicien, qu’il me faudrait sur le champ vous décourager ! La magie, c’est un peu comme rentrer dans les ordres, pénétrer une sombre organisation souterraine…c’est aussi tirer un trait sur une existence paisible et bien ordonnée, car un magicien se veut avant tout…différent des autres, un peu particulier et certainement attractif. Aucune créature, en ce monde, ne saurait le contrer ou même pire, lui affirmer qu’il a tort. Ce serait prendre beaucoup de risques pour pas grand-chose.

Si vous avez toujours rêvé de devenir un grand nom de la magie, alors il vous en coûtera :

 

-             un renoncement à la tranquillité,

-            une acceptation de son propre sort lequel viendra toquer à votre porte dès vos vœux prononcés, 

-            un oubli de tout ce  qui vous fûtes appris,

-            et pour finir se délester de quelques pièces, de préférence en or.

 

Les magiciens sont comme les pies, ils adorent tout ce qui brille et se constituent des cachemailles pour leurs petits plaisirs personnels. Un plaisir de magicien en vaut bien trois pour le commun des mortels puisque ses ressentis sont démultipliés, il n’est donc point rare de le voir sourire un air béat sur son visage lorsqu’il déambule en ce monde-ci...

 

 

En contre partie, vous y gagnerez :

 

-              une satisfaction à se savoir porteur de mille et deux savoirs à dispenser à travers les mondes connus et inconnus,

-              des offrandes après le feu d’artifice que vous offrirez à chaque  Saint Jean  de la part d’admirateurs secrets ou connus de vous,

-              une prédisposition à chanter le latin, ce qui est très apprécié par la papauté, lors de certains exorcismes,

-              le droit de parader dans les rues les soirs de pleine lune rousse, une chope de bière brune dans la main,

-              une énorme satisfaction à user et abuser des préceptes bien dispensés d’une magie bien née,

-              et pour finir, l’extraordinaire privilège d’être servit devant tout le monde dans les restaurants, magasins, cafés et autres endroits où il vous aurait fallut, en temps ordinaire, faire la queue.

 

Qu’on se le dise, un être aussi empli de savoir est toujours pressé donc, CQFD, l’on ne saurait le faire attendre ! Ah oui…j’oubliais…une magie bien née est à préférer à une magie mal née !

Ce serait briller sous le reflet d’une lumière noire, éructer tous les trois mots,  et parler à l’envers que de frayer avec les démons, lesquels sont très agiles pour se présenter à vous sous de fausses identités de magiciens. Pensez à regarder leurs pieds. S’ils semblent engoncés dans leurs chausses, il y a fort à parier que des sabots s’y sont logés. Chacun sait qu’ils sont l’un des nombreux signes des entités maléfiques. Cependant, ils peuvent, tout aussi bien, présenter une petite gueule d’ange à qui l’on donnerait le Très-haut sans confession, donc prudence.

Vous voici prévenu, la magie ne s’apprend pas à la légère, c’est pourquoi on l’alourdit, généralement, de quelques recommandations dont la liste est si longue qu’elle en décourage beaucoup d’entre vous, ce qui réduit considérablement les possibilités, pour les Maîtres de magie qui enseignent cet art,  de se faire plus de cheveux blancs qu’ils n’en ont déjà !

 

Première épreuve pour disqualifier les vrais candidats à la magie des fifrelins : le Maître demande, en général une tâche bien précise et parfaitement irréalisable comme ; vider un océan à la petite cuillère en prenant soin de ne pas en faire tomber une seule goutte, ou plus communément, de compter le nombre de brin de paille qui compose une meule de foin, présentée en un parfait rouleau de printemps tel qu’il y en a dans les champs au temps des moissons. Comme l’herbe sèche est bien tassée, bien née serait celui capable d’en deviner le chiffre au trois cent huitième près ! Ils sont malins les magiciens, je vous préviens, et farceurs aussi, et très redoutés et lorsque vous êtes recalés par l’un d’eux, inutile de pleurer des larmes de crocodile sur votre sort car ils se montreront insensibles…enfin devant vous parce qu’en fait ce sont de grands sentimentaux qui pleurent le soir au clair de lune en hululant comme les chouettes dont ils raffolent. De plus,  le crocodile a horreur de se laisser déposséder de ses petites perles translucides. A chacun ses petites manies.

 

L’habitation du magicien :

 

De l’extérieur, rien ne laisse deviner qu’il s’agit d’une habitation de magicien…enfin, pour les plus humbles qui se contentent d’un refuge souvent bâti entre les souches d’un vieil arbre ayant atteint l’âge vénérable de trois cent et un jours. Pourquoi ? Parce qu’ils sont la représentation de la quintessence végétale. A côté d’eux, un arbrisseau fait pâle figure et tout juste sert-il à fabriquer des badines avec lesquelles le Maître corrigera le gniouf récalcitrant (et il aura de très bonnes occasions de l’être parfois durant son long parcours d’apprentissage), ou alors, quelquefois, lors des nuits d’éclipse de lune, leur usage sera réservé à des pratiques bien plus sulfureuses sur quelques charmants spécimens de sexe féminin.

Je ne devrai pas vous l’avouer, mais… je sais bien que cela restera entre nous, Mister Grey, du récit  « Cinquante nuances de gris », est venu faire ses classes chez mon magicien dites donc ! Vous croyez cela impossible ? Que nenni ! Ses  baguettes ont bien rempli leurs offices, ça je puis vous le garanti, et l’une comme l’autre, nous sommes bien raccord sur ce point nébuleux. Comment le sais-je ? Très simple, j’ai assisté à un cours de rattrapage, enfin, pour la première partie du moins, jusqu’à ce que l’on me mette dehors à un certain moment de la leçon.

Comme toujours, ce furent les fées Mélusine et Tapisserie (les drôlesses de mes contes de fées) qui se portèrent volontaires. Quelle excellence ce Christian…le geste souple, petites corrections administré dans les règles de l’art, il n’y a que cela de vrai !

 Pour le coup, le soir même, j’ai souhaité, moi itou, me procurer une badine chez « Gwendoline Secret’s ». Vous connaissez ? Ah l’on y croise du beau monde et la boutique ne désemplit pas, tellement que la patronne était en rupture de stock, du coup j’ai ramassé sur le chemin du retour un morceau de bois d’où j’ai ôté les morceaux d’écorce. Bon…je ne raconterai pas suite des évènements mais je me souviens fort bien avoir béni l’invention de la Biafine. Le monde est empli de bons génies !

 

Saviez-vous que Gandalf a habité entre les souches d’un très très vieil arbre ? Oui…il n’a tenu, très exactement, qu’un jour, six heures, quarante minutes et dix-huit secondes, et pour cause, c’était un Ent ! Allez dormir entre les racines de l’un de ces géants qui tiennent conseil dans les forêts sombres en prononçant une parole toutes les heures, et en se balançant de droite à gauche. De plus ils adorent chanter, enfin chanter c’est beaucoup dire…ils murmurent. Mmmmm….sans arrêt, sans arrêt, sans arrêt…c’est à rendre fou le plus fou d’entre nous !

Du coup le Gandolfi a plié boutique est s’est fait construire une maison en dur parfaitement insonorisé pour acquérir le privilège du « bien dormir ». Si fait !

 

Une fois l’arbre choisi, l’emplacement sous les souches nettoyées, les murs en feuillages embellis par des fleurs grimpantes, le sol constitué de latte disposées en quinconce dans le but de mettre en valeur le futur mobilier, le Magicien peut y habiter et officier comme il le souhaite. Aucune plaque sur sa porte, c’est le bouche à oreille qui fonctionne. Tout se sait très vite, surtout dans le merveilleux pays des contes de fées. Là il règne en maître, ou accessoirement, au royaume de l’Heroic fantasy, monde plus rude mais bien plus diversifié avec une proportion de méchants bien plus importantes. Cela lui imposerait presque le double de sa charge de travail.

Les méchants des contes de fées, ne sont pas si méchants que cela, mais ils sont plus roublards et un poil vicieux, ce que les magiciens adorent.

 

 

 

Les diverses corporations, guildes et associations de magiciens :

 

 

La plus prestigieuse se trouve être « La Guilde des magiciens des entre mondes ». Cette appellation pompeuse, rassemble sous son emblème représentée par une baguette magique où s’enroule un vilain serpent noir transpercé par un éclair lumineux, le nec plus ultra de la magie. Ils ont,  pour vocation, de servir les grandes et nobles causes des entre mondes.

Qu’est-ce que les entre mondes ? Tout simplement les mondes ayant ratifiés l’accord de la Guilde, et par définition des endroits de tous horizons, lesquels quémandent  l’aide des magiciens en cas de conflits majeurs. Tous ces mondes s’entrecroisent, puisqu’ils sont très nombreux et pas toujours situés sur une carte.

 

Ces magiciens-là jouissent d’un statut incroyablement envié, n’en doutons pas, mais le cycle de formation découragerait le plus téméraire d’entre vous. Cent années de formation et cinquante de plus pour officier aux côtés d’un de leurs pairs plus âgés, avant de pouvoir tailler sa route en sifflotant, mais attention…qui dit associer un magicien confirmé à un autre sur le point de l’être, dit forcément, embrouilles à l’horizon.

Le plus âgé enviera la jeunesse de l’autre et le plus jeune convoitera le pouvoir de l’autre. S’ensuivra, alors,  une petite guéguerre bien sympathique durant les dix premières années de cohabitation. Cela inclura, forcément un bizutage en règle bien retord, comme des changements intempestifs en toute sortes de créatures hideuses à des moments inopportuns, une ou deux éructations impromptues lors d’un discours un soir de gala, où un nombre obligatoires  d’actes de plaisirs  chargés de fausses promesses de mariages aussi grosses que des boas constrictors, pour chacune des petites fées ou sorcières peu farouches, lesquelles ne seront, bien entendu, jamais tenues. Le but du bizutage, étant d’apprendre à mentir comme des arracheurs de dents. Et certains s’y entendent pour arracher des molaires !

Une fois le tout dénoncé par le « bizuteur farceur », le bonze a tout intérêt à courir très très vite, d’où un entrainement à la course de vitesse recommandé dans toute bonne Académie de formation des magiciens. Il faut le savoir, être coursé par une bande de sorcières en furie laisse des traces ! Et pas toujours au bon endroit, qu’on se le dise.

 

 

Vient ensuite « La Corporation des magiciens aux besoins internes ». Comme vous l’aurez sans doute deviné, il s’agira de regrouper les professionnels de la magie qui officieront uniquement sur les territoires alloués par la très haute « Cour de désignation des territoires régis par la magie ».

L’on délimite, ainsi, des régions bien précises pour chacun des magiciens et hors de question que les pouvoirs des uns empiètent sur le territoire d’un autre. Cela équivaudrait à mettre ses panards dans les chausses de son voisin. Cela ne se fait pas entre  vieux routards, reconnaissons-le.

Si vous aviez besoin de vous débarrasser d’un voisin encombrant, si votre désir d’aller conter fleurette à la voisine sans que son fieffé d’époux ne s’en aperçoive ou que certains apprentis n’envisage de faire une bonne blague à leurs professeurs, alors vous seriez en droit de faire appel à eux.

La teneur de vos désidératas, ne regarda que vous et le magicien, lequel jettera un œil aiguisé du côté de votre bourse dont le renflement devra se montrer conséquent.

Mais…me direz-vous, ce travail-là ressemblerait fort au racontars foireux des charlatans et autres marabouts considérés comme les cafards hideux du monde de la magie, et je vous répondrai que ce genre de demande se pratique dans tous les mondes, quels qu’ils soient, bons ou moins bons et tout particulièrement dans le monde des contes de fées où la perfection brille comme le soleil au centre de la galaxie.

Personne ne nait de la dernière pluie sauf les gnioufs au tout début de leurs apprentissages et considèrent leurs tâches comme une vocation divine. Laissons-les se bercer de douces illusions le temps qu’ils atterrissent en douceur sur le plancher des vaches d’une toute autre réalité.

 

 

Pour terminer l’on nomme : « La Communauté des nébuleux ». Alors comme son nom l’indique, vous trouverez, sous cette appellation un brin curieuse, une flopée de personnes dotées, de pouvoirs tous plus alambiqués les uns que les autres. Ceci dit…la vitesse de la lumière étant plus rapide que celle du son, certains brilleront jusqu'a ce qu'ils ouvrent leurs becs, et là, la supercherie sera rapidement découverte. Les charlatans seront très rapidement virés à coups de pompe dans le derche ! En vous remerciant !

 

C’est un peu ce que l’on nomme : la Cour des Miracles ! L’on y déniche des magiciens ayant obtenus leurs diplômes d’une manière sombre et un poil alambiquée, des mages (demi-magiciens ayant tout un râtelier à l’encontre des magiciens, je pense qu’une histoire de jalousie doit en être la source…), des sorciers new âge où l’âge n’a rien avoir avec la nouveauté, et pour finir…je soupçonnerais quelques alchimistes de se glisser, inopinément dans le lot. Si vous devez faire appel à ces personnes, (surtout la dernière catégorie) vérifiez bien qu’ils ne soient pas édentés. Vous trouverez les explications liées à cette étrange pratique un peu plus bas dans le paragraphe nommé « Les personnes qui travaillent avec les magiciens ».

 

D’ores et déjà, sachez que vos économies fondront comme neige au soleil dès lors que vous aurez fait appel à eux, car une fois sur trois, ce sont des menteurs patentés qui se mentiraient à eux-mêmes c’est dire l’étendu de leurs pouvoirs.

Ils sont comme les avocats, avant même d’avoir mis un demi-pied dans leurs antres, vous devez vous délester de votre poids en or. Je soupçonnerais bien les représentants du barreau de faire partie d’un ordre nébuleux et de s’être acoquinés avec les alchimistes, ne le pensez-vous pas ?

Souhaitons que je n’aie jamais à faire appel à l’un d’entre eux où je devrai ramer pour me faire pardonner de ma hardiesse. Mea culpa. Enfin…jusqu’à la prochaine fois.

Mais enfin, me direz-vous encore, ces gens ont bien eu leurs diplômes, oui vous répondrais-je, mais ils se sont assis dessus depuis et leurs connaissances se sont légèrement, pour faire preuve de complaisance, aplaties.

 

Voilà, désormais, vous ne pourrez plus affirmer : « je ne savais pas. ». Et l’on dit quoi ? Merci Arakïell. Il n’y a pas de quoi. J’ai essuyé les plâtres pour vous, cela mérite bien un petit commentaire non ? Diantre, voilà que je me mets à agir comme ces  manants. Oh, je suis confuse.

Reprenons…

 

 

 

L’âge d’un magicien :

 

 

Cinquante ans ? Cent ans ? Deux mille ans ? Quarante mille ans ?  Dans les couloirs de la très glorieuse « Ecole prestigieuse de la Magie selon les antiques préceptes de  Mathyzaloum » (un nom pareil…ça ne s’invente pas !) il se murmure que le fameux magicien serait si vieux que l’on pourrait passer sa vie entière à compter le nombre de ses  années d’existence, se retrouver en l’état de momie ou, dans le meilleur des cas, tel un squelette, boulier en main,  mort de sa belle mort, si tant est qu’elle se montra belle, à  tenter de tenir le compte de l’âge de ce vénérable ancêtre !

Certains s’y sont essayés, sont passés de vie à trépas, se retrouvent enterrés et errent, encore de nos jours, dans les couloirs de la très vieille école pour finir leurs comptes. C’est très gênant pour les jeunes recrues qui souhaitent prendre un peu de repos, d’entendre un esprit compter sans arrêt des chiffres à rallonges…

Généralement, les magiciens sont très coquets et se dispensent de donner leur âge réel, mais la réalité est toute autre.

 

Dans nos sociétés modernes, la vieillesse est l’ennemie numéro un, mais au pays merveilleux de la magie c’est tout à fait le contraire. Il existe des établissements spécialisés dans la chirurgie esthétique, à l’intérieur desquels des chirurgiens pratiquent des opérations visant à parer les visages lissés par la jeunesse de tout un tas de rides. L’on accordera beaucoup plus sa confiance à un magicien marqué par le temps, qu’à un jeune troufion au visage aussi lisse qu’un cul de singe. Question de présentation !

Alors parfois cela choque un visage ridé sur un corps jeune…bien bâti, il faut le reconnaitre. C’est pour cela qu’ils portent  une longue robe, ainsi, c’est un peu plus  raccord avec leurs têtes. Les fées, qui, je le rappelle sont de fieffées coquines, ne s’y sont pas trompées et adorent s’acoquiner avec les bellâtres en toute occasion, c’est pour cette raison qu’il faut toujours toquer trois fois chez un magicien avant de pénétrer dans son antre.  Une première fois pour faire apparaître votre intention d’être reçue chez lui, une deuxième fois pour faire apparaître au magicien qu’un pecquenaud s’apprête à le déranger lors d’une manœuvre d’abordage d’une très plaisante nature sur une personne de sexe féminin, et une troisième fois pour lui laisser le temps de réfléchir à deux solutions :  soit hâter ladite manœuvre, ce qui laisserait des dommages collatéraux, soit faire peu de cas de votre présence derrière la porte à toquer comme un dérangé et entamer sa manœuvre  d’attaque un sourire béat sur ses lèvres ! Ça c’est comme les troufions, on ne saurait remettre à plus tard un crapahutage en règle, surtout quand les instructeurs peuvent jouir d’un spectacle où ils vont bien s’marrer.

 

Pour conclure, il se dit, qu’ils sont très joueurs et préfèrent laisser croire à peu près ce que l’on veut sur le chiffre exact. A certains il faudra accoler trois chiffres et à d’autres…oh là…bien des chiffres qui se suivent et ne se ressemblent pas !

 

 

Les aptitudes pour devenir un magicien :

 

 

 

A peu près tout le monde, peut devenir un Maître de la magie. Enfin…en théorie. Dans la pratique, c’est une toute autre chose.  Ceux qui possèdent un peu de sang elfique où des cheveux de fée sont privilégiés. Les elfes, nous sommes d’accord, ne courent pas les rues, surtout les ruelles, bien trop étroites pour être dignes de leurs pas magnifiques, alors il faut aller les chercher quelque part dans le monde de l’Héroic Fantasy. Du côté de par là-bas, c’est marqué sur la carte, mais il faut chercher et pas de boussole car il n’y a pas de pôle magnétique chez les elfes, mais pas mal de moustiques. Il vous sera permis d’emporter une moustiquaire si vous le souhaitez. Les elfes sont de merveilleuses personnes bien élevées, ils comprendront probablement votre désir de ne point vous présenter à eux tout cloqué. Bien entendu, eux ne souffrent absolument pas de ces insectes nuisibles puisqu’ils sont parfaits en tous points, et surtout, sans peurs et sans reproches !

Les fées non plus ne se montrent plus à nous, surtout depuis la traîtrise de Merlin l’enchanteur qui osa préférer Viviane son amante, à l’une des fées bien pressées de s’acoquiner avec lui. Depuis, elles sont devenues plus libertines et plus particulièrement les fées Mélusine et Tapisserie. Deux petites coquines que l’on retrouve souvent dans les histoires de contes de fées…mais si…les miennes pas celles des autres. Enfin, ça c’est une autre histoire parce que celle de ces deux chipies remplirait, à elle seule, une encyclopédie en trois cent quarante volumes et demi et le demi à son importance !

 

Si vous avez un peu de ces deux conditions, alors vous pourrez, sans aucun doute, en admettant que le doute fut permis, entrevoir une carrière à plus ou moins long terme dans la magie. Pour les autres…fuyez, pauvres fous et vite encor, car vous venez, sans aucun doute, d’échapper à un destin bien lourd à porter. Néanmoins…rencontrer des fées qui se pâment au moindre mouvement de sourcil ou toute autre chose…se doit être appréciable !

 

 

 

Les personnes qui travaillent avec un magicien :

 

 

 

Oh…eh bien, avec de bons esprits, du moins lorsqu’ils sont dans leurs bons jours, mais aussi les alchimistes, les astrologues et les mages qui pratiquent des arts à peu près similaires,  mais attention…ne dites jamais à un mage qu’il est un magicien et vive et versa, parce que chacun d’eux possède un ego surdimensionné et à cette petite guéguerre ridicule, ce sont bien les magiciens qui remporteraient la palme haut la main. Ceci dit,  les astrologues se plient à ce petit caprice tout comme les mages, mais les alchimistes sont des teigneux et surtout des mystérieux, et non des miséreux, car ils ont trouvés la pierre philosophale qui doit permettre de transmuter les métaux en or !

Les banquiers les adorent, les orfèvres et bijoutiers  aussi, enfin…tous les métiers liés à l’argent mais comme tous ces gens détestent se retrouver sous les projecteurs parce qu’après l’on vient, la bouche en cœur leur soutirer quelques sous, ils préfèrent entretenir la légende que les alchimistes n’ont toujours rien trouvé. Si vous êtes un brin  observateurs, vous les verrez déambuler à l’intérieur de magnifiques carrosses  fumer des cigares aussi gros que des bâtons de chaises, d’où l’expression : vivre une vie de bâton de chaise !*

 Pour la majorité des gens, ils rasent les murs, se nourrissent dans la pénombre ce qui fait qu’ils ne voient pratiquement jamais ce qu’ils mangent et se cassent les dents sur des os mal placés. Si vous avez affaire à un énergumène peu bavard, aux sourcils broussailleux ayant une fâcheuse tendance à se  soulever de concert, avec des yeux de myopes et une bouche édentée, vous êtes à peu près sûrs d’être en présence d’un alchimiste, surtout s’ils leur manquent beaucoup de quenottes…

 

Ah…petite recommandations…si vous croisez un magicien qui travaille en sous-marin dans l’ombre, avec un air pas ordinaire voire, une mine  patibulaire, alors fuyez…pauvres fous, car il se sera acoquiné avec les puissances des ténèbres et généralement, il faut de la lumière à un grand magicien tant et si bien qu’il est un grand consommateur de bougies, chandelles qu’il dépose sur des candélabres en bois tordus parce qu’il aime les matières végétales.

 

Il faut savoir que la magie n’est pas une science exacte et que malgré un enseignement des plus rigoureux, une marge d’erreurs existe. Les mages, alchimistes et astrologues qui pensent le contraire se trompent lourdement ! S’ils s’imaginent cela, c’est qu’ils tiennent à rassurer leurs clientèles en leurs promettant que leurs propres pouvoirs vaut bien celui, irréprochable, d’un magicien. Grave erreur ! Et les gens pour qui tout ne fonctionne pas bien s’en revienne chez eux en les traitant de charlatans, d’où la très célèbre expression : « Un tient vaut mieux que deux tu l’auras » ! Pourquoi cette citation me direz-vous ? Eh bien, tout simplement parce que c’est ce que promettent les mages, alchimistes et astrologues :

 

-             Ah ben tien, il vaut mieux que Fanfarola !

 

Bon, la phrase s’est un peu modifié avec le temps, je vous l’accorde, mais au tout début du marchandage de tous ces corps de métiers, l’on promettait montagnes et merveilles bien mieux que Fanfarola, célèbre astrologue, mage avec une tendance à l’alchimie. A vouloir pratiquer tous ces arts en même temps, il en était devenu malhabile, distrait, et un peu tordu. C’est bête mais a-t-on l’idée aussi de vouloir tout savoir quand une seule de ces connaissances demande une vie entière plus la moitié de l’autre qui se joue dans le monde des esprits ?

 

 

Le temps de formation d’un magicien :

 

 

Oh là ! Vaste débat que même le très vénérable Mathyzaloum, n’aurait pu arbitrer ni dominer !

En règle générale, le petitou, le gniouf, le serviteur (c’est l’apprenti), se frappe toutes les corvées et les corvées chez un magicien c’est quelque chose ! Ne serait-ce que récurer le chaudron millénaire…allez gratouiller le cuivre de ces ustensiles, vous m’en direz des nouvelles !

Donc, le jeune garçon commence sa longue carrière dès que ses dents de lait sont tombés, c’est plus pratique pour tenir le « Petit livre de la magie pour les petits », parce que leurs menottes sont occupées à  couper les herbes, piler les graines et touiller dans les marmites, ces dernières étant le chaudron du débutant.

 

S’il lui reste deux ou trois petites dents, le magicien peut se charger de les faire tomber avec un sort bien retords qui le fera bien rire. Ils sont tellement farceurs !!

Sinon, au pire des cas, il y a toujours un dentiste assermenté, pas un arracheur de dents avec pince en fer rouillée en main, dans la vénérable « Ecole prestigieuse…etc …etc…etc… »

Pour se charger de ces petits désagréments.

 

Ensuite, le p’tiot grandit, parfois bien vite parce que le magicien qui le forme est impatient, ou farceur. Ah oui, je crois vous l’avoir dit, mais il faut s’en souvenir !

Dès qu’il atteint la taille de un mètre et cinquante pouces mis bout à bout, il peut envisager de suivre le Maître dans ses déplacements. La pratique, il n’y a rien de tel. Parfois, il est prié d’attendre à la porte des logis des Dames parce que le magicien y tient un conseil des plus avisé. Tous les gniouf ont tenté, un jour ou l’autre, de savoir ce qu’il pouvait se dérouler derrière ces portes bien fermées, mais le magicien utilise un sortilège bien efficace qui ricane devant l’air benêt du p’tit morveux, un peu trop curieux.

 

Et puis, il devient un homme notre apprenti et là, il y a souvent conflit entre les egos qui commence à grossir comme les cucurbitacées au fond du jardin, c’est dire ! Il faut toute la diplomatie des Maîtres pour calmer les ardeurs et les envies de pouvoir des magiciens presque assermentés.

Je reviendrai sur la cérémonie de fin d’apprentissage un peu plus tard.

 

Enfin, celui qui a tant servit son supérieur, devra faire ses preuves durant…trois cent ans, avant de pouvoir, à son tour, prendre un gniouf sous son aile, et là le cycle recommencera et l’apprenti mangera, sous le regard farceur de son nouveau Maître, la vache enragée qu’il avait lui-même mangé quand il avait son âge.

La vie en somme !

 

 

 

 

Le sexe des magiciens :

 

 

 

Je vous vois d’ici vous rapprocher de l’écran…allez…ne niez pas, je vous vois vous dis-je !

L’on a parlé, jusqu’à présent, des magiciens, mais…existe-t-il des magiciennes ?

Mais la majorité des femmes sont des magiciennes ! Comment expliquer autrement le fait de savoir si bien enrober un mensonge de sorte que part l’opération de l’esprit magique il se change en vérité acquise ?

Je soupçonnerais, une fois de plus, les alchimistes d’être dans ce coup-là !

De tout âge, les femmes ont su :

 

-             faire avaler des couleuvres,

-            faire prendre des vessies pour des lanternes,

-            tourner autour du pot avant de déclamer moult vérités aux contours très flous,

-            développer l’art du camouflage, autant vestimentaire que verbal,

-            courir deux lièvres à la fois et faire croire à tout le monde qu’elles sont l’incarnation d’une divine providence…

 

Bref, les raisons de penser les femmes magiciennes sont nombreuses. Cependant, les magiciens ne l’ont pas entendus de cette oreille et se sont dressés sur leurs chausses à bout renforcés pour s’opposer à la montée du féminin dans l’Art de la magie. Pour contrer l’effet pervers des textes misogynes des grands Maîtres, elles prirent : dans  un premier temps le maquis, histoire de réfléchir à l’attitude à tenir face à ces barbons bien pensants (et chacun sait qu’une femme qui prend le maquis ne le prendra jamais pour rien, il en sortira toujours quelques chose de bien alambiqué), dans un second temps, elles trouvèrent des alliés inespérés en la présence des…je vous le donne en mille…des alchimistes, parfaitement !

Les astrologues, la tête dans les étoiles, avaient, un temps, pensé leur venir en aide, mais ils comprirent très vite qu’ils n’y retrouveraient plus leurs comptes ni leurs tranquillité pour contempler le magnifique spectacle d’une voûte étoilée aux mille reflets. Les femmes parlent beaucoup trop pour ces observateurs de constellations.

 

Les mages (lesquels se trouvent être des demi-magiciens, souvenez-vous…), contribuèrent également à leur essor après moult promesses de la part des damoiselles, lesquelles ne furent…point tenues. Par esprit de vengeance ils tournèrent le dos à ces mécréantes et s’enfoncèrent dans la nébulosité de leur savoir douteux. Ne restait que les alchimistes qui ne se firent point avoir comme les mages. Un esprit savant qui invente un procédé pour changer le plomb en or ne se laisse pas rouler dans la farine comme un beignet de carnaval.

 Cependant, les méthodes carnavalesques utilisées par les convoiteurs d’or, attirèrent l’attention de la très redoutée : « Cour de justice relative aux dysfonctionnements des apprentissages de la Magie ».

 

Attention, car ce genre d’institution est redoutable, d’une part lorsqu’elle émet un jugement sur une affaire douteuse, lequel s’avère incroyablement fiable comme la remarquable institution qu’il représente, et  d’autre part parce qu’elle jouit d’un incroyable prestige dû à l’un de ses plus digne représentant : Maître Gonzague Saint Brice de la Motte Feuillère d’Argoulême ! Avec un nom aussi pompeux, gageons que la justice s’est trouvée un monarque de choix. Le rôle de Maître Gonzague, etc…etc…etc…est à l’identique de celui confié à Bernardo Gui de la Sainte Inquisition !

Rien ne lui échappe, tout lui revient !

C’est l’œil de la magie, la vision de l’innocence personnifiée, le bras vengeur, bref, sa parole est amour et son silence est d’or, c’est dire !

 

Pour en revenir à nos moutons, Maître Gonzague eut vent…l’on ne s’est pas trop comment, mais je soupçonnerais un message anonyme acheminé par un porteur ailé venu, inopinément, roucouler sur la fenêtre du redresseur de torts. Dès les manœuvres des alchimistes connues grâce au courage des délateurs, Gonzague monta son destrier en grand seigneur de la justice et enquêta sur cette sombre affaire.

La sentence tomba comme un couperet sur un saucisson. Il fut interdit aux femmes d’exercer la profession de magicienne, pour avoir soudoyé, emberlificoté, embrouillé et accessoirement encanaillé, les pauvres mages, alchimistes et astrologues, à des fins douteuses.

Mais… comment me diriez-vous…elles n’ont rien faits, ou presque, et ce sont bien des porteurs de boules qui les auraient roulés dans la même farine de beignets de carnaval, et je vous répondrai un laconique mais terrible : mes amis, l’Histoire se répète !

 

Cherchez l’erreur !

 

 

Et la messe fut dite !

Pour rabibocher tout ce joli petit monde, et faire en sorte que la parité au doux relent de perversité soit respectée, l’on autorisa le féminin à embrasser (et voici où le masculin se perdit !) la douce profession de : Fées !

Alors cela engloba tout et rien et les petites fées qui avaient bien retenues la leçon, prirent un malin plaisir à se venger. La très célèbre histoire de Merlin l’Enchanteur et son incroyable sort, figure dans toutes les annales de la magie.

Ce benêt de magicien avait cru possible d’enterrer le passé avec les représentantes du sexe faible…c’est lui qui, aujourd’hui, se retrouve enterré au creux d’un arbre.

 

Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon cœur
D’une langueur
Monotone.*

 

Voici ce que l’on peut entendre, au début de l’automne, lorsque les chants d’oiseaux s’éteignent, avant qu’une langueur de  magicien ne fasse s’envoler au gré d’un vent léger, ces quelques mots d’un destin malaisé…(moi aussi je sais écrire de la poésie. En vous remerciant.)

 

Mais la guerre entre les deux sexes, ne s’arrêta point là, car si les fées tinrent haut le pavé, une branche obscure de la profession se tourna vers la magie noire…attention, ne prononçons aucun mots…ni de noms auxquels cet art versé dans le sombre se rapporte, mais le féminin trouva ici, de quoi sustenter son appétit de vengeance, adoubé par un autre Maître aux pouvoirs insoupçonnés...et on les nomma : les sorcières !!

 

Bon, histoire de détendre l’atmosphère, je vous rassure, elles ne se trouveront pas sur votre chemin, où dans le paysage enchanteur de notre monde. Celles-ci, il faudra bien aller les chercher, à moins que vous ne les invitiez.

Mais ensuite, il sera trop tard pour revenir en arrière, car une fois invitée, elles commettront leurs méfaits, et vous emporteront avec des rires bien gras, du côté des forces obscures, où elles vous abandonneront !

 

 

 

 

Voilà pour un premier commencement concernant le monde de la magie et des conditions pour se lancer dans la formation de ce très difficile métier à haut risques.

Pour le second commencement…il vous faudra patienter le temps que le temps passe parce que tant qu’il n’est pas passé il va me casser les pieds et comme je tiens à mes pieds pour marcher alors je ne fais rien pour le tracasser.

A bientôt pour la suite. Il s’agira de parloter de l’atelier d’un magicien…c’est dire s’il y aura à en dire…

 

 

 

                                                                                                                                                                                                       A suivre…

 

·      Vivre une vie de bâton de chaise : Au sens figuré, vivre une vie agitée, déréglée…

·          Ces quelques vers, vous les aurez reconnus, ont été empruntés au poème de Paul Verlaine : « Chanson d’automne ».

Notes de fin chapitre:

A bientôt pour la suite de la petite histoire de la magie...

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